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Le mois d'août a été terrible sur la BRA. Les mortalités constatées le 30 juillet se sont poursuivies de manière importante. La situation début août était très préoccupante, une poussée algale rapide et massive, des taux d'oxygène dissous très bas durant la nuit et très élevés durant le jour, des ombres morts en quantité sur les secteurs à l'aval de Buchin jusqu'au confluent, de grosses truites aux yeux exorbitées vouées à une mort certaine,... Tous ces éléments ont conduit l'UPRA à demander un lâcher d'eau important à EDF dans le cadre de la cellule d'alerte, dès les jours suivants le début de mortalité (commencée de manière brutale le 30 juillet, jours des travaux sur la microcentrale de Pont d'Ain qui avait provoqué une montée d'eau arrivée au plus mauvais moment sur les secteurs aval de la rivière soit en plein après midi, sur des galets surchauffés par le soleil). Si l'UPRA a été suivie par tous les acteurs de la cellule d'alerte (un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenus: le SIVU de la Basse Vallée de l'Ain, le CNRS, la DIREN, la Fédération de Pêche, ...) dans cette option, il a par contre été très difficile d'obtenir un lâcher d'importance en raison de l'obstruction du Tourisme du Jura désireux de maintenir au plus haut le niveau du barrage de Vouglans. En raison de cet obstacle et des contingenges administratives (obligation d'obtenir un arrêté préfectoral, obligation de prévenir les usagers par voie de presse, obligation d'affichage sur la rivière, ...) le lâcher à 100 m3/s a eu lieu dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 août soit près de 4 jours après la décision d'effectuer ce lâcher. Il est déplorable et inadmissible de devoir attendre ausssi longtemps un lâcher alors que les poissons meurent et ce en raison d'obligations qui n'apparaissent que dans le cas de turbinages (à 100 m3/s) destinés à sauver les poissons. Par contre, lors de turbinages EDF classiques à vocation énergétique, il n'est curieusement pas besoin d'arrêté préfectoral, y compris lorsque ces turbinages surviennent en journée comme le samedi 18 juillet (à 180 m3/s). Il semblerait que la sécurité des personnes, invoquée pour justifier de tels délais, ne soit plus une priorité quand il s'agit simplement de produire de l'électricité. De qui se moque-t-on? Bref, le lâcher d'eau a eu lieu. Une très forte mobilisation a accompagné ce lâcher durant toute la nuit pour effectuer toute une batterie de mesures et de prélèvements, bénévoles de l'UPRA, techniciens du SIVU de la Basse Vallée de l'Ain, tecnicien de la Fédération de Pêche, cabinet chargé de l'étude algale, personnel de la DIREN et du CNRS. Durant les jours suivants, les mesures et observations se sont poursuivis. Tous ces éléments permettront d'y voir plus clair quant à l'impact de ce type de lâcher. On peut d'ores et déjà constater (comme lors des lâchers de ce type effectués d'autres années comme en 2003) un arrachement algal important et un assainissement des zones refuges (arrivées phréatiques parfois très encombrées d'algues). Toutefois, la durée très courte de ce lâcher en limite l'efficacité et entraîne une redépose à l'aval des algues arrachées. Un rapport complet de cette action est attendu dans les semaines à venir. Comme chaque fois, les mortalités ont considérablement ralenti après ce lâcher à 100 m3/s. Hélas, les semaines suivantes ont encore été marquées par des températures caniculaires (près de 40 °C) qui ont justifié de nouvelles demandes de lâchers. Là encore, le rôle de la cellule d'alerte a été primordial et 8 lâchers nocturnes à 30 m3/s ont eu lieu, non pas pour arracher les algues, mais pour tenter de diminuer la différence entre les taux d'oxygènes dissous nocturnes et diurnes. Pour conclure, on peut dire qu'une catastrophe de grande ampleur a été évitée. Les secteurs situés à l'amont de Buchin ont été très peu touchés (voire pas du tout pour certains). Hélas, il n'en est pas de même sur la partie aval de la BRA. Sur ce secteurs, les truites petites et moyennes n'ont pas (ou très peu) été touchées; par contre, de grosses truites ont été retrouvées mortes (une dizaine) et de nombreuses autres ont eu les yeux exorbités (puis éclatés) et sont donc condamnées. La bonne nouvelle est que des spécimens intacts et en bonne forme sont observés sur ces secteurs depuis septembre. A suivre en 2010. Pour ce qui est des ombres, sur ces secteurs aval, 182 ont été retrouvés morts entre le 30 juillet et le 14 août et de nombreux autres ont dû être emportés par le courant ou dévorés par les oiseaux piscivores. Sur ces secteurs, la mortalité est bien supérieure à celle de 2003 comme en témoigne le très faible nombre d'ombres observés lors d'une plongée le 6 septembre sur le secteur de Blyes. Seuls 4 ombres ont été observés ce jour là sur plus d'1 km de rivière. Notons toutefois que les conditions de plongée (eau à 17°c et débit de 50 m3/s limitant la prospection) n'ont pas permis de tout prospecter et ont empêché d'observer les ombrets de l'année (les 0+). Un point plus précis sera fait sur les ombrets survivants durant l'automne ou le printemps prochain. De la survie de ces ombrets dépendra le renouvellement rapide du cheptel. Ce cheptel pourra bénéficier l'an prochain de l'apport des pêches de sauvetage de l'Albarine pour lesquelles l'UPRA a passé son tour en ce mois d'août 2009 où il n'aurait pas été raisonnable de mettre des salmonidés dans la BRA. L'UPRA sera donc prioritaire en 2010 et les salmonidés seront prioritairement déversés sur les secteurs les plus touchés en 2009. Un dernier mot pour mentionner le braconnage éhonté de certains (au fusil harpon notamment) qui a nécessité de nombreuses interventions des gardes de l'UPRA, de la gendarmerie et même du garde de l'ONCFS que nous remercions ici. Plusieurs véhicules ont été identifiés et des poursuites seront engagées. Nous vous rappelons ici qu'il appartient à chaque pêcheur d'intervenir en pareil cas ne serait-ce qu'en nous appelant ou en appelant les services de gendarmerie. TRES IMPORTANT: IDENTIFIER ET NOTER LES NUMEROS DES VEHICULES UTILISES.
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Un des ombrets morts fin juilllet. Le frai avait été excellent et on peut espérer que de nombreux ombrets aient survécu à cet été 2009. A suivre en 2010... |
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| Les ombres nés en 2008 ont eux aussi été touchés durant les premiers jours de mortalité. |
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| Quelle misère de voir disparaître ces ombres qui colonisaient à nouveau les lissses et les courants de la BRA. |
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| Passées les mortalités des premiers jours, les gros sujets ont été les principales victimes de cette canicule. Témoin ce spécimen victime d'un afflux sanguin important au niveau de la tête. Problème lié à des variations importantes d'oxygène dissous ou à d'autres facteurs restant à déterminer? |
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Autre cause de stress et de mortalité, la prédation par les harles bièvres de plus en plus nombreux sur la BRA (comme ailleurs). Comme en témoigne ces marques sur l'arrière du corps d'un ombre 1+, provoquées par le bec crochu et pourvu d'une "dentition" redoutable. De nombreux ombres ont été harcelés dans les zones refuges par les harles et ont été retrouvés morts ou très affaiblis. |
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Symptôme hélas bien connu des pêcheurs de la BRA: le gonflement des yeux (exophtalmie) des truites. S'en suit presque toujours l'éclatement du cristallin et donc la cécité puis la mort des spécimens touchés (généralement des gros sujets). Ces problèmes apparaissent lors des épisodes caniculaires et sont facilement observables dans les zones refuges. L'origine n'en est pas toujours identifiable (problème viral, parasitaire ou lié à des variations des taux de gaz dissous). |
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Lors des périodes de grande souffrance des salmonidés, ceux-ci se réfugient massivement dans les zones d'arrivées phréatiques. Une surveillance quasi constante s'impose alors pour en éviter la prédation par les oiseaux piscivores ... et aussi par certains braconniers sans scrupule. |
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Dans ces arrivées phréatiques, la température de l'eau des nappes (quand l'agriculture intensive aussi absurde que subventionnée en laisse un peu) est comprise entre 11 et 13 °C. Cet apport est vital pour les salmonidés de la BRA. |
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Oui mais voilà, la PAC (politique agricole commune) continue d'encourager le gaspillage de l'eau. Quid du Grenelle de l'Environnement? Pendant que les citoyens sont soumis à des restrictions, les industriels du maïs eux arrosent à qui mieux mieux et en plein soleil, histoire de perdre des tonnes d'eau par évaporation. |
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Et histoire, ici où là, d'assécher des zones humides remarquables comme la lône de Tafannelles. Regardez l'entrée (normalement immergée) de ce terrier de castor pour vous faire une idée de la baisse de cette lône. |
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1,5 m à 2 mètres de moins dans la lône. No comment. Et cet agriculteur semble en règle de surcroît. Bravo aux responsables de l'administration qui délivrent des autorisations sans même connaître la situation des pompages (ce pompage est recensé par l'administration comme s'effectuant dans la rivière, située pourtant à des centaines de mètres de là!!!). |
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Des dizaines et des dizaines d'affiches apposées un peu partout pour prévenir d'un lâcher salvateur d'un montant pourtant bien inférieur à ceux que subit la BRA tout au long de l'année, mais à but énergétique ceux-là (donc pas dangereux pour l'homme sans doute). |
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Le lâcher arrive en tout début de matinée à Chazey, arrachant et chariant les algues. |
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Les mesures vont bon train tout au long de la nuit du lâcher d'eau. |
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L'arrosage également va bon train... |
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Des mesures effectuées au bord mais également en plein chenal. |
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Les prélèvements nécessitent beaucoup de volonté et ne s'effectuent pas toujours en restant au sec. |
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En matinée, la montée d'eau atteint Port-Galland bien avant les heures chaudes de la journée. |
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L'eau est déjà à près de 21°C, la journée s'annonce encore chaude sur la BRA. |
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Après les tecnhniciens du SIVU et de la Fédération de Pêche, c'est au tour de la DIREN (Direction de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement) d'être à pied d'oeuvre. Un grand merci à tous ceux qui sont venus durant ce lâcher d'eau pour apporter leur contribution à la sauvegarde de la BRA. |
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Et pendant ce temps là, la bêtise humaine permet de gaspiller ce bien vital qu'est l'eau. |
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L'eau de la BRA chargée de grandes quantités d'algues arrachées se transforme en potage géant dans lequel la visibilité n'excède pas 20 cm au mieux. |
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Le lâcher de 2 heures à 100 m3/s s'amortit tout au long de la descente de la BRA (rpar remplissage des milieux annexes notamment) pour n'atteindre que 65 m3/s à Port-Galland mais pendant une durée supérieure. |
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La gravière à l'amont du pont de Blyes avant et après le lâcher à 100 m3/s. |
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Des algues arrachées qui se déposent ensuite en partie hors du milieu (c'est le but recherché). |
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Durant le mois d'août, de très nombreux ombrets sont observés sur la partie amont de la BRA (amont de Buchin juqu'au vorgey). |
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Et aussi de beaux ombres, notamment dans les forts courants oxygénés aux fonds plus propres. |
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Dans les amortis des piles de ponts, des amas considérables d'algues broyées se déposent jusqu'aux prochains coups d'eau. |
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La BRA en septembre nous offre à nouveau un paysage comme on l'aime, des fonds plus propres, moins de canoës et de baigneurs au comportement parfois scandaleux qui abandonnent leurs ordures un peu partout. |
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Pour terminer sur une note d'optimisme, une belle truite prise avant la canicule. Rendez-vous en 2010 pour retrouver ses congénères à table sur les gammares dans une eau fraîche de début de saison. |
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Et un bel ombre bien vivant comme heureusement beaucoup d'autres sur l'amont de la BRA et comme hélas beaucoup moins sur l'aval. Heureusement la BRA a de la ressource et nous le montrera sûrement en 2010. |
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La BRA qui change encore son cours comme ici dans le no-kill de Pont de Chazey et qui a retrouvé un bel aspect |